MANIFESTE DE LA CHARTE 2000
Considérant
que le
régime communiste vietnamien a été camouflé sous la devise « Indépendance
– Liberté – Bonheur » durant plusieurs décennies. Aucun de ces trois
objectifs n’a été vraiment atteint. Primo, l’indépendance nationale
n’existe pas dans un régime marxiste-léniniste, placé sous les ordres de la
Troisième Internationale. Secundo, quant à la liberté et au bonheur,
le pays entier a été transformé en une colossale prison, où la misère et la
souffrance étaient endémiques;
Considérant que durant un demi-siècle
de règne, le parti communiste vietnamien s’est rendu coupable de nombreux
crimes, surtout des crimes contre les particuliers, à la hauteur d’un million
de morts au minimum, selon un bilan donné par le Pr. Stéphane Courtois et al.
dans une oeuvre d’études historiques d’ampleur internationale intitulée Le
Livre noir du communisme (Ed. Robert Laffont, 1977). En réalité, le nombre
de victimes est largement supérieur à ce montant approximatif.
Considérant
que les
crimes contre le peuple vietnamien, commis par le parti communiste vietnamien,
doivent être portés au jugement de l’opinion mondiale, et éventuellement de la
juridiction internationale compétente, afin que les coupables soient condamnés
comme ils le méritent ;
Considérant
que le
marxisme-léninisme, et particulièrement la théorie de la lutte des classes, sont
à l’origine des crimes commis par les communistes à l’encontre du peuple
vietnamien tout entier. En abolissant les libertés individuelles, le régime
totalitaire, issu de ladite doctrine, a fait rétrograder notre pays au dernier
rang de l’échelle de la croissance mondiale.
Considérant
que le
critérium du bonheur réside dans une double promotion matérielle et morale.
Matériellement, il s’agit du P.N.B. per capita et moralement, de la
liberté et des droits de l’Homme, dans un contexte socio-culturel et religieux
imprégné de l’humanisme qui devrait procurer au peuple une vie de bien-être en
toute quiétude. Concernant le Vietnam socialiste, la communauté internationale
déplore : (1) sa violation des droits à la liberté de religion, à la
liberté d’opinion et de la presse, à la liberté syndicale et d’association, à
la liberté de circulation, à la liberté de participer librement à la direction
des affaires publiques du pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de
représentants librement choisis, ainsi que la violation des droits de
l’Homme ; (2) l’existence d’un profond fossé séparant une minorité d’exploiteurs
avides de richesses et la masse des exploités condamnés à l’indigence - la
première étant habilitée à imposer sa dictature sur la base de l’art. 4 de la
Constitution. D’autre part, la corruption et le détournement de fonds publics
paralysent le mécanisme étatique, en nuisant à l’activité économique du pays.
La recrudescence de fléaux tels que : la drogue, la contrebande, la
prostitution, etc. nuit à la société entière. Où est le bonheur promis
par les communistes?
Considérant
que les
libertés et les droits de l’Homme sont des droits naturels, inaliénables,
consacrés solennellement par la Déclaration universelle des droits de l’Homme
du 10 décembre 1948 ainsi que par les Conventions internationales afférentes et
qu’en souscrivant à ces textes, le Gouvernement de la République Socialiste du
Vietnam a l’obligation de s’y conformer.
Considérant
que les
droits et libertés mentionnés dans la Constitution en vigueur au Vietnam n’ont
qu’une valeur formelle – pour ne pas dire fictive - parce que leur exercice
doit être «conforme à la législation en vigueur’’. Or, la législation de
référence n’est qu’un ensemble de textes réglementaires. Tel par exemple l’arrêté
n° 31/CP relatif au régime d’assignation de résidence. On peut citer ensuite le
communiqué n° 02/1999/TT/TGCP relatif au contrôle du Caodaïsme par la sûreté
publique - contrôle poussé jusqu’à l’approbation du sceau officiel de ladite
religion. La suprématie du parti communiste, consacrée par l’art. 4 de la
Constitution, le place au dessus de la loi. Sont ainsi interdits les partis et
journaux de l’opposition, condition sine qua non d’une alternance
politique. Le parti est placé même au dessus de l’Etat. Tout cela va à
l’encontre de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (art. 19 et sqq.),
des Conventions internationales afférentes et du Manifeste démocratique de
Varsovie du 27 juin 2000.
Considérant
que
l’économie de marché avec orientation socialiste est dans l’ impasse au grand
détriment du peuple, car l’orientation socialiste conduit la présente économie
soi-disant planifiée à une crise générale, par suite de l’existence d’ un
énorme réseau d’entreprises d’Etat continuellement déficitaires. Cette
structure archaïque est un frein à toute politique de réforme: elle rend
impossible la croisssance équilibrée de tous les secteurs pour que le pays
puisse faire face aux exigences actuelles de la mondialisation et de
l’informatisation.
Considérant
que sous le
couvert de la dictature du parti communiste, le gouvernement vietnamien n’est
plus réprésentatif, qu’il a pris le pouvoir et s’y maintient par la violence,
et non grâce à un processus démocratique.
Par
ces motifs, les
Mouvements démocratiques Vietnamiens, adhérents à la présente Charte 2000
PROCLAMENT
SOLENNELLEMENT :
Article
premier.- La
Charte 2000 dans son texte intégral et le présent Manisfeste se donnent pour
tâche de mobiliser le peuple vietnamien à l’intérieur du pays et dans le monde
entier, en vue de revendiquer les droits à l’existence et à la liberté, comme
préalable à l’instauration d’une démocratie libérale pour le Vietnam.
Art.
2.- Après
la dissolution du régime communiste, la juridiction compétente poursuivra ceux
des dirigeants de l’ancien régime qui s’étaient rendus coupables de crimes contre l’humanité,
conformément aux règles du droit pénal international et du droit interne du
futur Etat vietnamien. En vue d’assurer la primauté du Droit, cette procédure
sera accompagnée d’une politique de réconciliation nationale, destinée à
empêcher les gens de se faire justice eux-mêmes. Il serait souhaitable qu’une
commission judiciaire soit créée au sein de la future Assemblée nationale, avec
des attributions de supervision ad hoc.
Art.
3.- La
Charte 2000 demande à la communauté internationale de soutenir les mouvements
démocratiques, en rapport avec la Tribune des Citoyens issue du Congrès de
Paris du 25 au 26 novembre 2000, la tâche de ladite Tribune étant de mettre en
oeuvre la présente Charte 2000 et de mobiliser le peuple en vue de revendiquer
les droits à l’existence et à la démocratie, en application de la Charte de
l’O.N.U. (art. 55, al. c), de la Déclaration universelle des droits de l’Homme,
des Conventions internationales afférentes à cette Déclaration et du Manifeste
démocratique de Varsovie.
Art.
4.- Dans le
cadre de la Charte 2000, la Tribune des Citoyens poursuit le but de construire
une société civile dont le préliminaire est de mettre en pratique les droits
fondamentaux ci-après, inscrits dans la Déclaration universelle des droits de
l’Homme :
1) Le droit de prendre
part à la direction des affaires publiques doit s’exprimer par des élections
libres et honnêtes, par le suffrage universel égal et par le vote secret et
périodique, suivant l’art. 21 de ladite Déclaration. Ce droit est accompagné du
pluripartisme, prôné par le Manifeste démocratique de Varsovie.
2) Le droit à la liberté
de réunion et d’association, conformément à l’art. 20.
3) Le droit à la liberté
d’opinion et d’expression (art. 19).
4) Le droit à la liberté
de pensée, de conscience et de religion (art . 18). Ce droit doit être
illustré par la restauration des églises autonomes, la restitution des biens
confisqués par le parti communiste, le libre exercice des activités
religieuses, la libre propagation de la foi, le droit d’éditer et de diffuser
les documents et journaux religieux, ainsi que d’assurer sans ingérence de
l’Etat d’autres activités dans les domaines de culture, d’enseignement et
d’action sociale.
5) Le droit à la liberté
syndicale (art. 23, al. 4).
6)Le droit à un niveau de
vie suffisant pour assurer la santé, le bien-être, notamment pour
l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux, et autres services
sociaux jugés indispensables. Doit être en outre éliminée toute discrimination
quant au sexe et assuré le droit au travail, à la sécurité et au repos prévu
par l’art. 7 de la Convention internationale relative aux droits économiques.
En
vue de mettre en oeuvre les droits fondamentaux précités dans une démocratie
libérale et une économie de marché à instituer après la disparition du régime
communiste, la Charte 2000, par l’intermédiaire de la Tribune des Citoyens,
entreprendra l’abolition de la Constitution de 1992, en commençant
immédiatement par la suspension de l’art .4 de cette Constitution, puis la
création d’une structure de transition et de négociation ayant pour tâche de
préparer une élection libre, démocratique, honnête concomitamment avec la
restauration du pluripartisme au Vietnam.
A
Paris, capitale des droits de l’Homme, le 26 novembre 2000
Pour
les signataires de la Charte 2000
Les
porte-parole :
Pr.
NGUYEN CAO HACH, Pr. LE DINH CAI (Etats-Unis)
Dr.
NGUYEN BA LONG, Me LAM CHAN THO (Canada, Australie)
Pr.
VU QUOC THUC, Dr. LE DINH THONG (Europe Occidentale)
MM.
PHAM HOANG, DUONG VAN THUONG, militants démocrates (Vietnam, PECO, Russie)
Mandataire
des porte-parole :
Dr.
NGUYEN BA LONG